Démarche

  • Inspiration générale

Mes sources

Mes sources, mes ressources : le paysage.
Paysage sans limite ou escarpé, rocailleux ou verdoyant,
aride ou ruisselant, féroce ou lumineux...
Là où la nature est forte,
là où se conjuguent harmonieusement le végétal et le minéral.
Les friches aussi,
là où la nature reprend ses droits, dans une belle confusion.
Des heures d’observation, de communion, d’imprégnation.
Des paysages qui s’agitent en moi, se composent,
se décomposent, se recomposent.

Laurence Montceau - 2012


  • Quelques textes d'expositions et relatifs à différentes séries

La série d'œuvres sur carton (pigments, encres, brou de noix...)

Le flux et le reflux

Mes œuvres ne font que suggérer. Par un travail d’estompage, d’essuyage, de grattage et de griffures, j’offre des images usées, patinées qui révèlent en transparence une réalité invisible.
Sous ma main qui passe et repasse, comme sous le flux et le reflux de la marée, les paysages se dévoilent, s’altèrent et se transforment pour ne devenir qu’illusion. Seule la sève, l’âme qui les habite reste inscrite sur le carton. Ce support est un compagnon, complice, sensible et magique de mes recherches picturales. Il boit et imprime toutes mes promenades et toutes mes navigations intérieures, même les plus fugaces.
Les univers mystérieux que je vous invite à explorer se situent bien souvent entre drame et espoir. Mes paysages sont autant de friches en devenir, une ouverture vers de multiples possibles.

Laurence Montceau - 2014


La série de monotypes - estampes sur papier

L'expression de l'instant présent

La technique du monotype jalonne mon travail artistique, j’y reviens pour cette nouvelle série et l’inspiration végétale est à nouveau très présente, vent qui souffle sur les feuilles, ramures, racines…en fait je crois qu’elle ne me quitte pas.

Voilà plus de 15 ans que je pratique cette technique d’estampe et je découvre toujours de nouvelles pistes à explorer. Elle offre une grande liberté. Chercher, oser, sa dimension expérimentale me stimule et m’amène vers de nouvelles aventures picturales.

Le monotype demande un engagement physique. C’est le souffle, le geste, l’énergie du mouvement, l’expression de l’instant présent que j’aime imprimer sur la feuille.

Bien souvent une musique, un air de jazz me donne le ton, je laisse vagabonder mon imagination et j’improvise avec spontanéité et rapidité. Je me laisse porter par le dialogue qui s’instaure avec l’oeuvre au gré des surprises et des superpositions d’impressions. Une alchimie s’opère entre hasard et contrôle et je m’en amuse.

Laurence Montceau - 2018


La série d'assemblages monotype - estampes sur papier

Promenade mystérieuse

J’encre, j’imprime, J’encre, j’imprime…J’encre,

j’invente, chemine avec l’aléatoire,

je réimprime… encore et encore.

Avec la technique du monotype, ces gestes répétés m’ont permis d’accumuler nombre d’images.

Quel chaos toutes ces feuilles amassées, entassées, toutes ces impressions d’instants gravés sur le papier.

J’étale ces feuilles devant moi, pioche, tri et taille dans cette matière disponible, dans les strates du temps.

Je sélectionne, déchire, découpe.

Tous ces fragments deviennent mon vocabulaire, mes notes.

Je les apprivoise, les juxtapose, les combine pour une nouvelle mise en espace en créant des liens et des silences.

Ils sont autant de graines transportées par mon souffle, ma main.

Ils se déposent, germent et créent de nouveaux paysages, jardins ou territoires à explorer.

Laurence Montceau - 2016

 

Série œuvres techniques mixtes sur papier

La main qui court, aventure d'atelier

Aucune intention, aucune image ne précède le moment où je commence à peindre. J’arrive à l’atelier, animée par la simple envie de faire, d’agir. L’esprit disponible, je me laisse porter par le flux d’énergie qui m’a guidée là. J’ouvre les portes des profondeurs. Olivier Debré parlait non pas d’abstraire mais d’extraire. Je trouve ce mot parfaitement juste.

Je regarde mes couleurs, mes outils. Les pinceaux, sans surprise, ne me satisfont plus. Des objets détournés de leur fonction initiale les ont rejoints et sont tous à portée de main. Lequel aura ma faveur ce soir ? J’en saisis un. Mon premier geste est décisif, les autres s’enchaînent, l’aventure commence ; la petite musique intérieure se met en route. Le tempo est en général assez rapide.

Je laisse faire ma main. J’étale, frotte, colle, gratte, essuie, griffe, ‘grafouille’. Le papier réagit. J’aime ce support que j’expérimente depuis quelque temps. Il boit, sature et m’étonne à chaque instant. La toile est plus inerte. Le dialogue s’instaure avec l’œuvre, le tableau germe, s’équilibre. Je m’y promène tranquillement et à chaque seconde plusieurs chemins sont possibles. Choix après choix, j’avance.

Je vis chaque œuvre comme une aventure dont je ne connais pas la finalité. C’est un instant de grande liberté. Cette liberté-là est née un jour après une quinzaine d’années de pratique.

Quand je sens l’énergie faiblir et le dialogue se ramollir, j’abandonne pour reprendre ma route plus tard. J’y reviens et chemine jusqu’au sentiment d’équilibre, d’achèvement.

Alors le tableau poursuit sa vie sans moi. Je prends le temps de l’écouter tout en sachant que je ne ferais jamais le tour de toutes les histoires qu’il a à raconter. Il continue de s’enrichir au travers du regard des autres. Et quand quelqu’un entre dans son intimité, c’est un instant de magie suprême…

Laurence Montceau - 2008